Le désert de Gobi

Le désert de Gobi

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Ayant une superficie de plus de 1 300 000 km2, le désert de Gobi est à la fois le plus grand désert d’Asie, mais aussi le plus froid du monde (jusqu’à -40° l’hiver, rien que ça!). Avec des paysages aussi riches que surprenants, cette partie de la Mongolie, qui déborde aussi sur la Chine, est parfaite si tu es adepte de liberté et de grands espaces. Récit de notre semaine dans l’immensité.

Toujours accompagnés de notre fidèle ami et guide pour quelques jours, Woogie, nous partons à l’assaut du désert de Gobi. Après le célèbre pilote Erka qui nous mena à la rencontre des Tsaatan, c’est cette fois-ci Moogie, ancien boxeur professionnel et excellent joueur de poker, qui sera notre chauffeur pour la semaine, à bord d’un van familial plutôt confortable (du moins sur les routes « goudronnées »). Notre timing est plutôt bon, car nous apprenons que 2 jours auparavant, une énorme tempête de neige a frappé une partie du désert et notamment les familles nomades qui y vivent. Ces-dernières ont malheureusement subi une perte désastreuse de quelques centaines d’animaux, qui se sont égarés dans le désert à cause de cet événement climatique inattendu. Nous croisons donc les doigts pour avoir un peu plus de chance côté météo, ce qui est le cas pour le premier jour de route qui s’effectue sous un soleil radieux et une température avoisinant les 20 degrés. Après seulement 1h de route désertique (semblable à la célèbre route 66 aux États-Unis), nous croisons une voiture arrêtée sur le bord de la route et son chauffeur quelques dizaines de mètres plus loin se débattant avec un bébé chameau. Interloqués, nous partons à sa rencontre. Très probablement à cause de la tempête, ce bébé chameau s’est malheureusement égaré et peine retrouver sa famille dans toute cette immensité. C’est apparemment assez courant nous explique Woogie. Le néo-héro s’empresse donc de ligoter les jambes de l’animal, le mettre dans le coffre de sa Prius (oui oui) et appeller les différentes familles environnantes pour savoir si leur troupeau n’est pas à la recherche d’un bébé chameau. Nous espérons donc que cet être tout mignon a pu retrouver son entourage.

Nous continuons notre route, pour un premier arrêt à Tsagan Suvraga, lieu où l’on peut admirer quelques formations rocheuses assez impressionnantes. Puis vint la première nuit dans une ger (yourte mongole), après un coucher de soleil aussi surprenant que sublime en compagnie des chameaux. Nous partons le lendemain dès l’aube pour rejoindre le canyon Yolyn Am à l’intérieur du parc national du Gobi. Malheureusement, un reste de neige nous bloque pour continuer à avancer, nous préférons donc passer le reste de la journée et la nuit dans une autre ger à proximité en espérant que cela fonde le lendemain. 

 

Dormir dans une ger

Une nuit dans une ger est toujours une expérience assez marquante. La disposition est assez simple mais efficace, les lits sont alignés sur les extrémités, avec au centre le graal : un poêle. Cet élément indispensable à la survie dans les steppes n’en est pas moins capricieux lorsque le bois ou la bouse de yak / chameau a terminé de se consumer au milieu de la nuit, et que la température intérieure passe de 25 à 5 degrés. Tout cela non facilité par l‘ouverture en hauteur pour laisser passer le tuyau du poêle, qui laisse également s’échapper toute la chaleur accumulée. Un conseil donc : n’hésite pas à te munir d’un très bon duvet pour dormir dans une ger, même en été ! Bon et bien évidemment, pour ce qui est de la toilette, mieux vaut te munir de lingettes et croiser les doigts pour tomber sur une rivière au moins une fois dans la semaine afin de te rafraîchir un peu.

Nous sommes comme coupés du monde au milieu d’un vaste désert de cailloux et de sable. À l’intérieur, sieste, poker (avec petite mise de 1000 Tugriks pour mettre un semblant d’enjeu) et quelques shots de vodka qui s’enchaînent pendant de longues heures. Le temps semble ne plus exister. À l’extérieur, une très forte tempête de sable se lève, et le ciel est déjà noir avant même que le soleil ne se couche, le paysage a des airs apocalyptiques. Nous avons plus de chance le lendemain où le soleil refait son apparition. Nous décidons donc de reprendre la route très tôt le matin, et passons la journée à traverser des paysages encore une fois très surprenants et contrastés, tantôt lunaires et très arides, où les seuls animaux que nous croisons, à part les chameaux, sont des crânes de chèvres ou de vaches ici et là, tantôt très verdoyants et pleins de vie. Décidément, ce désert de Gobi n’a pas fini de nous surprendre.

Au matin du 4ème jour, nous partons pour une ballade à dos de chameaux avec un nomade du coin, pour une demi-heure de réveil en douceur très tranquille avant d’atteindre les merveilleuses Khongoryn Els. S’étalants sur plus de 100 km de long pour 12 km de large, ces dunes de sables colossales sont déjà impressionnantes vue d’en bas, nous partons donc admirer la vue d’en haut. Et c’est après une ascension très sportive de 300 mètres en 45 minutes que nous arrivons exténués avec l’impression d’être sur le toit du monde, tout en se sentant tellement petits face à cette immensité de nature brute. Pour terminer cette semaine en beauté, nous faisons un dernier arrêt à Bayanzag, un paysage flamboyant de plus, une sorte de petit Grand Canyon réputé pour ses trésors archéologiques. En effet, au début du XXème siècle, squelettes et oeufs de dinosaures y ont été retrouvés en grande quantité, ce qui en fait un site réputé mondialement, qui attire de nombreux archéologues et amateurs de la période jurassique. Nous reprenons donc le van pour 9h de route en direction du nord et plus spécifiquement du parc Terelj (à 45 minutes en voiture d’Oulan-Bator).

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